La vie des réseaux

Les réseaux de la Fédération : 40 ans d'observations au service de la connaissance

Depuis la saison 1985-1986, la Fédération anime plusieurs réseaux de suivi. S’ils étaient initialement consacrés aux oiseaux migrateurs, notamment la palombe et la bécasse, ils se sont progressivement enrichis, avec la création du réseau Turdidés en 2001, du réseau Bécassines en 2007 et, dès cette saison, d’un réseau Caille des blés et d’un réseau Chevreuil.

Au fil des années, ces réseaux sont devenus un véritable observatoire de la faune sauvage en Gironde. Dès leur création, la Fédération a choisi de s’appuyer sur les chasseurs. Par leur présence régulière sur le terrain, leur connaissance des territoires et des espèces, ils sont les mieux placés pour observer l’arrivée des premiers migrateurs, les périodes de passage, les conditions d’hivernage ou encore les dynamiques de populations. Cette connaissance de terrain constitue une source d’informations précieuse.

Afin de valoriser ces observations, la Fédération a progressivement structuré les réseaux de migrateurs autour d’une méthodologie commune. Les données recueillies par chaque correspondant, prises individuellement, apportent une information locale. Mises en commun, analysées et comparées d’une année sur l’autre, elles permettent de suivre l’évolution des populations, de mieux comprendre les phénomènes migratoires et d’alimenter les connaissances sur ces espèces.

Cette base de données unique est utilisée aussi bien à l’échelle départementale que nationale. Elle contribue à améliorer les connaissances scientifiques et apporte des éléments objectifs utiles à la compréhension, à la conservation et à la gestion des espèces.

Le réseau palombe

Depuis sa création en 1985, le réseau Palombe participe à la compréhension de la migration et de l’hivernage de cette espèce. Chaque saison, ce sont environ 80 paloumayres qui nous fournissent diverses données sur la migration automnale des palombes. Ils renseignent notamment le nombre et la taille des vols vus dans la journée ainsi que le nombre de vols qu’ils ont réussi à poser, nous permettent ainsi de connaître les pics de passage sur la saison, l’intensité de la migration, les principaux couloirs empruntés ou encore le succès de pose. Cela nous permet par la suite de comparer les données de la saison avec celles des années précédentes et ainsi évaluer les dynamiques d’évolution des populations migratrices.

L’hivernage est lui aussi étudié. Une quinzaine de correspondants ont pour mission de trouver les principaux dortoirs sur leur canton, en zone agricole et urbaine, et de participer au comptage de ces dortoirs 2 fois par an en période hivernale : à la mi-décembre et à la mi-janvier. L’objectif est d’évaluer la qualité de l’hivernage et d’étudier la localisation des oiseaux durant cette période de l’année dans notre département.

Enfin, depuis l’an dernier, les correspondants nous font également parvenir des ailes de palombes et de pigeons colombins afin d’étudier l’âge-ratio des individus, dans l’optique d’évaluer la proportion de juvéniles durant la migration et ainsi attester de la qualité de la reproduction dans les pays de provenance des oiseaux.

Certaines de ces données sont envoyées au GIFS (Groupement d’Investigation sur la Faune Sauvage) qui les regroupe avec celles des autres départements du Sud-Ouest de la France afin d’avoir un aperçu à l’échelle régionale.

La chasse du gibier migrateur ?

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Le réseau Bécasse

Créé lors de la saison cynégétique 1985-1986, le réseau Bécasse est l’un des réseaux historiques de la Fédération.

Il compte aujourd’hui 85 correspondants inscrits, dont 59 ont participé activement au suivi de la saison 2024-2025. Ensemble, ils ont réalisé plus de 8 000 heures de chasse et observé plus de 4 000 bécasses.

Chaque correspondant renseigne l’ensemble de ses sorties de chasse afin de suivre l’évolution de l’abondance des oiseaux, les périodes de migration et les conditions d’hivernage.

La collecte des ailes constitue un élément essentiel du dispositif. Leur analyse permet de calculer l’âge-ratio, excellent indicateur de la réussite de la reproduction sur les zones de nidification. Ces données, suivies depuis près de quarante ans, permettent d’apprécier la dynamique des populations et leur évolution au fil du temps.

Le réseau participe également aux programmes de baguage. Les reprises d’oiseaux apportent des informations précieuses sur les déplacements migratoires, la fidélité aux sites d’hivernage et la longévité des individus. Elles ont notamment montré que la Gironde constitue un important secteur d’hivernage pour la bécasse des bois : une fois installés sur le département, les oiseaux y demeurent généralement jusqu’à leur migration de retour.

La boîte à outils du correspondant bécasse

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Le réseau Bécassine

Créé en 2007, le réseau Bécassines assure le suivi de la Bécassine des marais et de la Bécassine sourde.

Comme pour le réseau Bécasse, les observations de terrain sont complétées par la collecte des plumages. Leur analyse permet de déterminer l’âge mais également le sexe des oiseaux. Les âge-ratios et sexe-ratios obtenus constituent des indicateurs essentiels pour suivre la réussite de la reproduction et mieux comprendre la dynamique des populations.

Le réseau participe également aux opérations de baguage, qui permettent de mieux connaître les déplacements migratoires, les zones d’hivernage et la fidélité des oiseaux à leurs sites de stationnement.

La boîte à outils du correspondant bécassine

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Le réseau Turdidés

Créé en 2001, le réseau Turdidés est né à la suite des enquêtes nationales de l’ONCFS sur les prélèvements, qui mettaient en évidence une diminution des tableaux de chasse de grives ainsi qu’une baisse du nombre de chasseurs spécialisés.

Si ces enquêtes révélaient une tendance, elles ne permettaient pas d’en identifier les causes. La Fédération a donc souhaité approfondir les connaissances sur les quatre espèces de grives et le merle noir afin de mieux comprendre l’évolution des migrations, des populations et des prélèvements, même si l’interprétation de ces résultats reste complexe et nécessite un suivi sur le long terme.

Aujourd’hui, le réseau compte 65 correspondants inscrits, dont 39 ont participé activement à la saison 2024-2025.

En complément des prélèvements, un indice d’observation permet désormais de suivre plus précisément les flux migratoires, indépendamment de la réussite du tir. Les données recueillies permettent d’identifier les principaux pics de migration, de suivre la chronologie des passages et d’analyser leur évolution au fil des années.

Les bagues retrouvées sur les oiseaux prélevés sont également transmises au Muséum national d’Histoire naturelle afin d’améliorer les connaissances sur les voies migratoires européennes.

La boîte à outils du correspondant Turdidés

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